mardi 16 janvier 2018

Au pays des feuillardiers

Nouvelle escapade dans un coin de forêt Limousine entre brun des futaies et eaux moirées. 





Ici c'est le pays des feuillardiers où les châtaigniers sont rois. Les hommes ont toujours tiré partie  des ressources de ces forêts.
Travaillant les jeunes pousses pour en faire des paniers, des salons en rotin qui feront beau l'hiver devant les cheminées ou sur les terrasses aux beaux jours printaniers. Travaillant les plus beaux spécimens pour les besoins du menuisier, réservant le meilleur pour l'ouvrage le plus recherché.
Ils étaient  laboureurs à leurs heures pour compléter un labeur qui ne leur permettait qu'à peine de manger. Le châtaigner, arbre à pain leur donnait de beaux fruits qu'à l'automne, débarrassés de leur bogue, on cuisinait. A Noël la châtaigne est un fruit  qu'à la dinde on marrie, mais le travail qu'elle donne n'a jamais nourri personne. Alors dans les chaumières, grands et petits, pour s'assurer des jours moins tristes confectionnent des objets de petite vannerie qu'ils revendront sur les marchés.
Mais le travail de feuillardier qui consistait surtout à la fabrication de clisse pour cercler les barriques ou des paniers à crustacés, s'effectuait avant tout dans la forêt. Pour se faire, les feuillardiers construisaient une cabane ouverte et recouverte de barres, de branches et de copeaux de châtaigniers servant de lieu d'ouvrage autant que lieu de vie.

Le métier de Feuillardiers est apparu en Limousin vers les années 1850 quand les forges utilisant le charbon de châtaignier ont périclité. S'il subsiste encore aujourd'hui, la période la plus faste fut de 1880 à 1930.
 Ouvriers de la forêt, issus du monde rural,  ils se reconnaissaient proche des ouvriers porcelainiers, leurs frères. De nombreuses luttes sociales ont émaillées leur histoire.
Qualifiés de rustres et d’illettrés par le  sous préfet de Saint-Yriex la Perche, lors des grèves de 1926, les feuillardiers étaient de vrais artistes développant un savoir faire hors du commun et sachant tirer partie tout en la respectant, d'une nature peu propice à la fortune.
Cela avait bien peu à voir avec l'exploitation forestière de nos jours

exploitation forestière sur la commune de Nexon
bien que sur ces deux derniers clichés ci dessous, nous n'ayons pas affaires à la même pratique que celle des gros forestiers.


exploitation plus raisonnée sur le territoire des "grandes chaumes" commune de Champagnac la Rivière.

dimanche 14 janvier 2018

Entre eaux et forêts

Hier, journée sans pluie (ou presque, à peine quelques gouttes en milieu de journée) Nous en avons profité la Ponette et moi pour faire une belle balade le long de notre rivière préférée. C'est avec délice que voyant le soleil à notre lever, nous avons enfilé chaussures de randonnée, doudoune, gants et bonnet. Mon bâton de pèlerin d'une main, mon appareil photo en bandoulière, nous voilà partie pour une petite promenade entre eaux et forêts. Le matin, c'est le moment idéal pour les photographies. Les couleurs sont plus vives et le soleil plus frais. Les nuances sont plus accentuées et il fait meilleur marcher.
L'air était vif, hier. Le givre scintillait au soleil et nous offrait ses reflets argentés.



Plus loin,  un arbre solitaire nous tendait les branches



Le séquoia qui domine la forêt ouvrait son manteau pour notre accueil. En temps ordinaire, la rivière est là tout prés et l'on entend son doux murmure. Mais en ces temps d'abondantes eaux, elle roule ses galets en écoulant ses flots.






Sur la rive, le marais étincelle et bruisse des premiers chants d'oiseaux.






 Passé le tunnel, au loin une brume légère s'élève envoutant la campagne.








Paysage féerique qui s'offre à nous, seules au monde au milieu de ce décor fantastique. En écoutant et en tendant l'oreille, nous pouvons imaginer une myriade de lutins, d'elfes et de créatures enchantées qui peuplent ses bas fonds.
Plus loin, le sentier s'éloigne de la berge, nous retrouvons la silhouette parfaite du séquoia géant.


Quelques charmes au roux feuillage déploient leur ramure et se chauffent aux rayons d'un timide soleil que des nuages épars ne dissuadent point.


 Au terme de notre balade, nous avons peine à rentrer. Nous prolongeons encore ces moments délicieux en nous rendant à notre promontoire. C'est un endroit magique qui surplombe la voie de chemin de fer. La ligne d' Angoulême à Limoges, à moins que ce ne soit le contraire, compte encore quelques trains. Pour combien de temps ?






Ici la rivière la longe et se perd dans le lointain. Nous ne pouvons l'apercevoir ce matin, mais nous la savons tout prés et cela confère à ces lieux le mystère que cherchent les enfants pour leur espace de jeux. Ils ont construit là une cabane que nous avions découvert avec July il y a quelques années maintenant. La cabane est toujours debout, c'est un clin d'oeil entre nous.


A ses pieds les landes de bruyères et d'ajoncs se partagent un espace de liberté d'une rare beauté. Que de souvenirs en perspective pour les enfants de la forêt !



Un trou que la nature a creusé, lors de la tempête de 1999 est resté. Au fil des ans l'eau l'a adopté. Il était rempli , hier. Une légère couche  de glace le recouvrait. Les ajoncs s'y miraient.







Sur le chemin du retour, au sortir de la forêt,  quelques nuages marbrent le ciel annonçant la fin des promesses d'une belle journée ensoleillée.
 Las bas sur les collines, ils sont  accumulés en une épaisse couche qu'il sera difficile de percer.

 Les chevaux et les ânes, occupés à brouter se moquent bien de savoir de quoi sera faite la journée.
J'admire encore avant de rentrer, la brume qui s'élève d'une vallée lointaine.  Le ciel a des reflets moirés.

Pour vous permettre d'admirer ce cadre exceptionnel; je vous propose de me suivre sur la route des années passées, où d'autres balades en ce lieu, m'avaient enchantées.
le pont de chemin de fer enjambe la rivière



bois et taillis se chauffent au soleil

Ici les ajoncs sont fleuris

la rivière a ses reflets dorés

le promontoire éclairé



le séquoia en automne

le train Limoges - Angoulème






la cabane

le séquoia  en été

la ponette

la lande

et la forêt







Au pays des feuillardiers

Nouvelle escapade dans un coin de forêt Limousine entre brun des futaies et eaux moirées.  Ici c'est le pays des feuillar...